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Un "heureux" hasard

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Un "heureux" hasard

Message par Valérien Gatline le Sam 6 Jan 2018 - 16:36

Valérien arpentait depuis déjà une heure les allées des jardins du Palais Aragon, plan des jardins, almanach et montre en main. Le petit couvert était déjà terminé et l'Empereur n'allant pas tarder à sortir faire sa promenade, le lieutenant-général calculait par divers moyen le trajet qu'allait cette fois emprunter le monarque. Valérien avait eu l'idée de mobiliser deux indics de la Maréchaussée en poste au Palais afin de l'informer des itinéraires habituellement pris ainsi que des éventuelles détours et de leur probabilité. Le tout était dans la tête de Valérien de faire mine de tomber sur l'Empereur par le plus grand des hasards tout en ayant bien préparé son coup. Nombre de courtisans devaient sans doute faire la même chose, mais Valérien a un avantage certains sur le commun des-dits courtisans : il est doué pour les chiffres, encore un héritage paternel. Et ce don a l'avantage de l'utilité dans le calcul de probabilités et autres sciences prédictives. Un tel esprit ferait se pâmer d'envie tout militaire officiant dans le génie ou l'artillerie, mais il manque à Valérien le fond de pragmatisme nécessaire chez les premiers et le coup d’œil fort utile chez les seconds pour se rendre utile à l'un comme à l'autre.

Bien qu'il faisait encore frais et malgré un soleil légèrement pâlot, la météo était relativement agréable, mais Valérien avait revêtu un épais caftan doublé de fourrure par dessus son habit de lieutenant-général. De sa main ganté qui était la moins chargé, il regarda son plan. Il avait tracé avec différentes couleurs les trajets empruntés par l'Empereur dans le mois précédant. Les trajets les plus habituelles et les plus exceptionnelles, les détours les plus courants et les moins probables, tout cela était une sacré pagaille sur le plan. De loin, on aurait dit qu'un enfant c'était amusé au dessin. Mais tout cela faisait sens dans la tête de Valérien. Après encore quelques minutes de réflexions et d’expectatives, il nota dans un carnet quelques calculs savants et pu établir avec certitude le trajet le plus probable (87% de chances avec une marge d'erreur de 16%, mieux valait ne pas se planter).

Son calcul fait et son plan en main, il se déplaça vers l'une des grandes perspectives des jardins qui donnaient sur le Palais. Sortant une petite long-vue d'une poche intérieur de son caftan, il observa. L'Empereur et sa cour ainsi que sa garde rapproché était encore au début de son trajet, devant le grand bassin. Valérien en déduisit qu'il avait encore le temps de se placer judicieusement. Il trouva son bonheur quelques minutes plus tard avec un banc situé dans une sorte de petite place ovale au centre duquel trônait une fontaine représentant un Poséydon en majesté sur son char tiré par des dauphins, renversant et noyant ses ennemies. Pour qui était habitué aux divers messages cachés dans les jardins, il n'était pas utile de creuser bien loin. D'autant que le Poséydon statufié de cette fontaine partageait quelques traits avec le jeune monarque...

Valérien se posa donc, rangeant précautionneusement ses plans et ses calculs à l'intérieur de son habits (les caftans sont réputés pour leur poches, nombreuses et profondes), et sorti un livre pour patienter. « Fauztine, ou le Bonheur du Vice », de la main d'un marquis zollernois bien connu. Le livre était à l'index à Avaricum, et l'exemplaire de Valérien avait été saisi au capitaine d'un navire marchand krasslandais. Le lieutenant-général avait récupéré l'ouvrage pour disait-il le « reverser aux archives de la Maréchaussée ». Cela dit cela ne l'empêchait pas de lire pour voir de quoi il s'agissait. D'ailleurs, Valérien manipulait les pages du livre avec soins, il tournait les pages avec une pince à épiler car il ne souhaitait pas conjecturer l'origine de certaines tâches à l’intérieur, et qui se faisaient plus nombreuses durant les passages les plus « énergiques » de l'ouvrage scandaleusement immorale.
« J'en reviens pas de faire ça … »
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Re: Un "heureux" hasard

Message par Édouard IX le Sam 13 Jan 2018 - 21:42

La vérité, nullement bonne à attendre pour les avarois traditionalistes, était que le jeune souverain ne partageait pas l’attachement de son prédécesseur pour la succession de formalités lourdes et étriquées de la Cour. Dès le lendemain de son sacre, Édouard VII avait ordonné au Grand Maître d’Empire de diminuer les cérémonies doublons afin de ne conserver que l’essentiel, prétextant le besoin de rallonger le temps accordé au gouvernement du pays et aux activités extérieures, importantes pour la bonne santé physique du monarque. Né presque chétif, souvent pâle et malade durant son enfance, Édouard avait suivi les conseils d’un médecin skotinec, fleurettiste à ses heures perdues, défendant l’hygiène physique et le bon maintien du corps, écrin de l’âme syiste. Il se révéla bon combattant et excellent cavalier sur le tard, et ce malgré les insistances du Duc d’Épinac soutenant l’inutilité de tels talents pour un souverain moderne astreint, sous bonne garde, à la vie de palais. Mais que l’on ne se méprenne pas : Édouard reconnaissait l’importance cardinale du cérémoniel dans le contrôle des aristocrates les plus ambitieux, ces changements ne constituant à ses yeux qu’un simple rééquilibrage.

Flanqué de quelques proches, le Valois discutait de la représentation théâtrale de la veille lorsqu’il aperçut son lieutenant-colonel de la Maréchaussée en lecture à l’ombre d’une fontaine yssoise. Les appels répétés à congédier cet homme responsable du classement de l’affaire des assassinats castelrégicisterciens avaient laissé l’empereur de marbre, même s’il n’avait pu s'empêcher de ressentir une vague insatisfaction à son égard. Quoi qu’il en soit, sa présence ici, à cette heure, n’était certainement pas dû au hasard. Rien ne l’était dans le manège de la vie courtisane, où voir et être vu constituaient les clefs de la fortune.

Soudain, alors que l’assemblée de bonnes gens n’était désormais plus qu’à quelques pieds du bouquineur assidu, le craquement d’un fourré révéla l’irruption d’un individu déchevelé, arme en main.


- " En garde, Sire, qve ie Vovs tranſperce comme l’on embroche vn povrceav ! "

L’énergumène effectua de grands mouvements de sa lame devant lui, arrachant des exclamations de frayeur des demoiselles présentes. L’empereur empoigna discrètement le manche de son épée et fixa Gatline du coin de l’œil.

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Re: Un "heureux" hasard

Message par Valérien Gatline le Mar 16 Jan 2018 - 17:02

Le problème avec des auteurs tel que le Marquis de Zade est double. D'une part leurs narrations descriptive sont assommante de lourdeur malgré le soin accordé au détail. D'autre part le message politique qu'ils cherchent à faire passer (le Marquis de Zade est connu pour être très à gauche chez les libéraux zollernois, voir trop) est transmis au lecteur avec la même subtilité qu'ont les scanthénois pour faire connaître leur désapprobation d'à peu près tout ce qui ne leur convient pas. Valérien n'en était qu'au chapitre six, celui ou Fauztine fait « preuve d'hospitalité » avec le facteur (ou plutôt les facteurs), plus ça allait, moins l'auteur faisait attendre le lecteur. C'en devenait risible et les éventuels effets comiques s'évaporaient en moins de temps qu'il n'en faut.

Il commençait à se dire qu'il aurait mieux fait de jeter ce bouquin à la cheminée quand il commença à percevoir de plus en plus nettement le bruit d'un groupe d'individus assez restreint. Sans lever la tête de son livre, il vit du coin de l’œil l'Empereur, s'approchant tranquillement, accompagné d'une suite restreinte. Sans se départir de sa lecture, Valérien s'estima victorieux de sa manœuvre et continua sa lecture comme si de rien n'était quand il perçut un bruit dans les buissons à quelques mètres entre lui et l'Empereur. Il vit, encore du coin de l’œil, sortir du même buisson un homme étrange, arme en main, menaçant la vie de l'Empereur. Valérien n'en crût pas ses yeux. Son plan était à quelques malheureux doigts de réussir si il n'y avait pas eu ce faquin prêt à se faire écarteler pour quelques instants de gloire.

Valérien étudia la situation aussi vitement que la situation le lui permettait. Il était trop loin pour attaquer sur le flanc du quidam et celui-ci avait l'avantage d'avoir déjà l'arme en main. L'Empereur et sa suite avaient la main à l'épée, mais le temps que l'un d'eux rende lame, l'auguste monarque aurait subit un coup critique. Valérien lui avait aussi son épée mais au fourreau et un livre entre ses mains. Si cet homme était un mauvais acteur de comédye yssoise, Valérien allait lui montrer combien un véritable yssois pouvait être dangereux avec un projectile.

Avec la rapidité d'un guépard, Valérien se leva de son banc, fit face à l'importun à quelques mètres de lui sur sa droite et, tel l'antique figure du cayllassobole (la statue du lanceur de cayllasse que l'on peut admirer au Musée Ympérial de Venys), tenant le livre dans sa main gauche, il se prépara à le lui lancer ni plus ni moins à la figure. Le visage passablement empourpré, Valérien dépréciait fortement que l'on s'en prenne ainsi à son employeur, il visa la tête, s'aidant de son bras droit tendu vers l'ennemie, il s'ajusta et lança le livre improvisé ainsi cayllasse.

Le cayllassage, s'il fallait le rappeler est un art antique chez les yssois, et tout poète qu'il est, l'yssois est aussi cayllasseur hors-pair. Et tout peut pour lui faire office de cible, que ce soit les fenêtres du Palazzo Mytilène ou un paltoquet quelconque. Cela rappelait à Valérien d'assez bon souvenirs de soirées estudiantines au Zollernberg commençant en rixe entre facultés et départements et en se terminant en cayllassage en règle des prévôts venant mettre fin aux hostilités. Quant au malandrin, il reçut le livre en pleine tête suffisamment fort pour être déstabilisé et tomber sur le coté, laissant le temps à l'Empereur et aux courtisans et gardes de tirer leur espadons. Pendant que Valérien, s'approchant le plus tranquillement du micromonde (bien qu'il estima son approche totalement raté pour la présence incongrue du pédant), salua l'Empereur comme il se doit, et sorti de son caftan une paire de pistolet qu'il braqua sur l'étrange personnage, encore sonné de ce qui lui arrivait.

C'est fou la quantité de choses que l'on peut ranger dans un caftan …
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